Patois de Savièse : sauvetage d’un mot

PROPOSEZ…

UN MOT PATOIS À SAUVER,

UNE EXPRESSION À DÉCOUVRIR,

UNE RÈGLE DE GRAMMAIRE À COMPRENDRE,

UN DICTON OU UNE PENSÉE À TRADUIRE…

Merci d’envoyer votre proposition…

Nous la mettrons prochainement en lien.

Vous souhaitez traduire et écrire un mot ou une phrase en patois de Savièse. Nous le faisons pour vous sur demande…

Pa capóna, ne pas renoncer [proposé le 15 novembre 2015 par Anne]

En 2005, Guy Courtine mettait en musique un texte que j’ai écrit pour sensibiliser les patoisants et les comprenants à la sauvegarde du patois. I chervé a rin dé che plindre chën féré cakyé tsóoujé… vouardin a ouinga di Chavyejan et di Chavyejan.na… pó fou kyé vëndran déman, nó jé fóou pa capóna.

Ecouter Guy Courtine (émission Photos de famille, 16 septembre 2005). Déplacer le curseur vers la 25ème minute.

Camëntran, carnaval [proposé le 23 février 2014 par Anne]

Actuellement, on dit carnóvaoue. Camëntran signifie littéralement ‘carême entrant’, période qui précède le carême qui commence le mercredi des Cendres.

Camëntran, c’est le temps des farates, des gens costumés. Se déguiser = che farata. Lire un dicton de carnaval et lire notre article sur carnaval (Journal de Savièse, janvier 2014).

Pa capóna, ne pas renoncer / abandonner / capituler… [proposé le 14 janvier 2014 par Anne]

A la suite de la parution de l’article « Patois, une richesse à en perdre son latin » dans le Nouvelliste du 19 décembre 2013, un lecteur nous a contactés par mail pour signaler, entre autres, que capóna est traduisible par le français caponner… et que ce n’est pas un mot uniquement saviésan.

Réponse : Capóna n’est pas un mot appartenant uniquement au parler saviésan. Le Glossaire des Patois de la Suisse Romande, vol. III, p. 76, donne de nombreux exemples vaudois et valaisans. Par contre, il s’agit bien de la devise que les Saviésans ont mise en avant depuis longtemps. Les mentions du début du XXéme siècle sont déjà intéressantes à ce sujet. Les patoisants valaisans, lorsqu’ils utilisent l’expression pa capóna, disent fréquemment… pa capóna cómin dijyon é Chavyejan !

Si le verbe français ‘caponner’ existe bien (voir par ex. Littré), il est hors d’usage actuellement et retiré des grands dictionnaires… il faut donc trouver des mots usuels et synonymes qui rendent au mieux le sens de ‘caponner’.

C’était là une des complexités de notre travail d’indexation français-patois pour le Dichyónéró. Voir la conjugaison de capóna par un clic ici.

Tagara (accent tonique sur le 2ème a) [proposé le 13 décembre 2013 par Anne]

Mot absent de la version 1960 et rajouté au nouveau « Lexique du Parler de Savièse ».

N. f. Coup de pompe, peu d’envie, flemme. L’aié a tagara, dromié deri a tabla, il avait un coup de pompe, il dormait derrière la table.

Defourin (accent tonique sur le in) [proposé le 16 juin 2013 par Anne]

En patois, le defourin est un « étranger », c’est-à-dire une personne externe au village ou à la commune de Savièse qui s’installe dans le village ou dans la commune. Cette personne n’est pas bourgeoise de la commune où elle habite. Littéralement defourin est formé de de et foura = de dehors (du latin foris), c’est-à-dire qui provient de l’extérieur à la communauté.

Defoura (accent tonique sur le ou) signifie dehors, à l’extérieur :

  • trale defoura, il travaille à l’extérieur (par rapport à la maison), soit à la campagne,
  • i sioui defoura (par opposition à i sioui derën pour le vin), cave plus externe pour les fruits et légumes
  • dromi defoura, dormir à la belle étoile

En vieux français, le nom forain désigne celui qui est de dehors, étranger. Anciennement, le mot forain désigne un marchand ambulant (rémouleur, vitrier, chiffonnier…) qui séjournait à Savièse uniquement le temps d’effectuer son travail.

Relevons que l’adverbe foura, dehors, permet renforcer l’action de nombreux verbes :

  • chali foura, chorti foura, sortir
  • terye foura, arracher, soutirer
  • fórté foura, exclure, bani foura, bannir
  • bale foura, délivrer, léguer
  • copa foura, cracher
  • fetchye foura, démettre
  • féré foura, rompre un engagement, etc.

Encore quelques expressions :

  • foura ënsei, jusqu’ici
  • foura ina a son, tout au sommet
  • foura ba, tout en bas
  • foura dé chijon, hors saisons
  • foura-ouéi, foura pèr léi, à l’étranger
  • foura ën n-Amirikye, en Amérique
  • foura dé ou‘écóououa, hors de la scolarité obligatoire

Pour nous suggérer d’autres exemples en lien avec defourin, defoura et foura, un clic ici.

Merci et bon été !

I Féita-Djyo [proposé le 27 mai 2013 par Anne]

Plusieurs mots patois en lien avec la Fête-Dieu sont usités couramment dans notre français local :

  • i tsanbri = le chef du groupe d’enfants
  • é tsanbridé = uniquement les filles du groupe des enfants (les garçons représentent des petits saints)
  • i capétan = un des chefs de la Fête-Dieu qui porte l’esponton (pique enrubannée)
  • i cotën (coutin) = la robe du costume traditionnel féminin
  • i confanon = la gonfanon ou bannière paroissiale à l’effigie de saint Germain, évêque de Paris
  • i mae = la décroation florale sur le bicorne des grenadiers de Drône (lire notre article à ce sujet)

Des mots moins usités et à sauver :

 

  • i paló = la dais porté par 4 conseillers communaux et qui abrite le Saint-Sacrement porté par le curé
  • é j-arpyó = les galons des pantalons du sergent et du caporal des grenadiers
  • i cherlinge = la ceinture colorée portée par le banneret, le capétan et le tsanbri

D’oun tin [proposé le 2 mai 2013 par Anne]

Comment traduire en patois « nous sommes contemporains » ?

  • n’in ó memó adjyó, litt. nous avons le même âge
  • l’é d’oun n-adjyó avouéi mé, litt. il est du même âge que moi
  • nó chin d’oun tin, litt. nous sommes du même temps
  • l’é d’oun tin à mé, il a le même âge de que moi

Bóna féita a tui fou kyé chon d’oun tin a mé ! Bonne fête à tous mes contemporains !

Bon córadzó [proposé le 7 mars 2013 par Anne]

Le 30 décembre 2012 et le 24 janvier 2013, ma famille a été endeuillée par la mort de ma maman et de mon papa. En présentant leurs condoléances, les patoisants disent : « Bon córadzó ».

Quelques mots de la même famille et quelques expressions :

  • pédré córadzó, perdre courage
  • córadzou, córadzouja, courageux, courageuse
  • che décóradjye, se décourager, décóradzémin, découragement
  • ëncóradjye, encourager, ëncóradzémin, encouragement
  • che achye aa, littéralement, se laisser aller, perdre courage
  • che bale via, se décourager, désespérer
  • pó che bale de coo, littéralement, pour se donner du coeur = pour prendre courage
  • ch’ën·nardi ënsinbló, s’enhardir, s’encourager mutuellement
  • jenerou, généreux, s’emploie aussi dans le sens courageux (qui n’a pas peur)

Ëndin·na [proposé le 4 novembre 2012 par Anne]

Autrefois, pendant la veillée, les anciens questionnaient les plus jeunes avec des devinettes en patois.

Falié ëndin·na ! Il fallait deviner ! Din·na é ! Devine donc ! Din·na est la forme abrégée.

La devinette se dit généralement i divinéta. On pourrait aussi dire i din·néta.

Cónyé-to ona béoua floo pêcha kyé l’a pa dé mandzó ? L’é i chyèoue pêe.

Connais-tu une belle fleur bleue qui n’a pas de tige ? C’est le ciel bleu.

Voilà le thème d’une chanson que j’ai adaptée de la tradition populaire et qui a été mise en musique par Thierry Epiney. CD à découvrir.

Notre-Dame des Corbelins à Chandolin (Savièse) [proposé le 12 octobre 2012 par Anne]

Le « corbelin », en patois, corbeouën, est un petit panier rond. La chapelle de Chandolin est dédiée à la Nativité de la Vierge, fêtée le 8 septembre, « moment où l’on va cueillir les premiers raisins » avec les corbeouën (selon C. Favre, Lexique du Parler de Savièse).

Autres explications :

  • Les enfants mort-nés étaient portés à la chapelle dans les corbeouën. Les familles espéraient un miracle, le retour à la vie le temps du baptême. Un vitrail présente ce thème.
  • S’il y avait un miracle, les familles remerciaient Notre-Dame des Corbelins en déposant des aumônes dans les corbeouën. Le procureur du village se chargeait de redistribuer ces aumônes aux plus nécessiteux.
  • La chapelle était une étape du pélerinage des « Trois Marie » (Longeborgne, Plan-Conthey, Chandolin). Les pélerins trouvaient dans la chapelle des corbeouën garnis de provisions et pouvaient se sustenter.

Un panier est nommé corba (accent tonique sur le o). Le contenu du panier, c’est le corba (accent tonique sur le a). Ona corba dé rejën, un panier rempli de raisins. Au pluriel, davoué corbéi dé pómé, deux paniers remplis de pommes.

Alpage de l’Inflorya et le verbe ënflóra [proposé le 11 août 2012 par Anne]

L’alpage saviésan Infloria tire son nom du verbe ënflóra soit, en parlant du bétail (vaches, chèvres), brouter au sens large « la fleur » (i floo) de l’herbe, brouter la première herbe d’un pré. En patois, on entend aussi la prononciation ou‘Ënflórya qui se rapproche encore plus du verbe patois ënflóra.

Ënflóra signifie aussi écrémer (sens aussi en lien avec un alpage).

Pour les noms des alpages saviésans, voir notre page Savièse en questions.

Basé é foua [proposé le 20 juillet 2012 par Anne]

Le feu est nommé i foua. Quelques expressions courantes :

  • féré ó foua, faire le feu
  • avya ó foua, allumer le feu
  • ënprindre ó foua, allumer la lumière (aussi : allumer le feu)
  • l’a firou i foua, l’incendie s’est déclaré (on dit aussi : l’a pri i foua)
  • métré a man ou foua, mettre la main au feu [jurer]
  • i foua l’a créa, le feu s’est éteint

Le feu de joie se dit « i basé » (accent tonique sur le a). Autrefois, on le faisait surtout la veille de la Saint-Jean (24 juin) et de la Saint-Pierre (29 juin) dans les mayens. Actuellement, le même mot est utilisé pour désigner le feu du premier août. Selon le système phonétique saviésan, on écrit « basé » qui se prononce « bassé ».

É catró chijon – les quatres saisons [proposé le 13 juin 2012 par Suzanne]

fortin, nó partin ou mêin – Au printemps, nous partons au mayen.

tsatin, nó fajin é fin – En été, nous faisons les foins.

D’outon, l’a dé tòte pé mounton – En automne, il y a de tout en abondance (par tas).

D’evêe, n’oun parté dé cóou tó dé tréêe – En hiver, on part parfois tout de travers.

Mae (nom masc.) ou décoration florale [proposé le 23 mai 2012 par Anne]

Jusque vers 1945, lors de la Fête-Dieu, tous les grenadiers saviésans arboraient un décoration florale sur le bicorne. Comme ce bouquet de fleurs artificielles, de grappes de raisin, de feuilles dorées de chêne, de lierre ou de vigne, était préparé durant le mois de mai, i mi dé mae en vieux patois, il est nommé mae (accent tonique sur le a). Fleurs et fruits participent à la joie printanière et à la promesse des récoltes à venir.

D’autres infos (livre, DVD, film, sonore) pour la Fête-Dieu, voir notre page Fête-Dieu à Savièse.

Tsan é chan, et mots de la même famille [proposé le 15 avril 2012 par Anne]

Le nom masc. tsan désigne le champ; il n’est pas utilisé par le patoisants pour désigner le chant qui est dit chan comme en français. Chan, c’est aussi le sang. Tsan est utilisé pour un son, un « bruit qui frappe l’oreille » mais pas pour chant, chanson, en patois tsanson. Voici quelques emplois et expressions :

  • aa ën tsan i atsé, mener paître les vaches, littéralement aller en champs aux vaches,
  • é tsan dé bla dé Tsanbòté, les champs de blé de Zambotte (lieu-dit, actuel home pour personnes âgées)
  • é tsantó tsantonchan ën ouatën, les chantres chantent des chants en latin,
  • é tsantoo é é tsantojé chaon dé byó chan, les chanteurs et les chanteuses savent de beaux chants,
  • i tsan da close, le son de la cloche,
  • oun tsantaploura, une personne qui passe du rire au larmes,
  • ona tsansónéta, une chansonnette.

Tèréna é tèrin [proposé le 25 février 2012 par Anne]

Le patois possède le verbe tèréna qui signifie « paraître, en parlant du sol qui se découvre de la neige »… Can cóminsé a tèréna, n’oun vi kyé parti amou i mêin, quand le sol se découvre, on ne voit que monter dans les mayens. Mots de la même famille : têra, terre, tèrachye, remuer la terre, tèrin, terrain. L’adjectif tèrin qualifie « un terrain qui se découvre par suite de la fonte des neiges ». É mêin chon djya tèrin tankyé foura ina, les mayens sont libres de neige jusque tout en haut… [Réf. Lexique du Parler de Savièse, p. 441].

Carnóvaoue é camëntran [proposé le 17 février 2012 par Anne]

Au carnaval, c’est le temps des faraté, des personnes déguisées. Hermann Bridy a raconté un carnaval d’autrefois. Ce texte est publié dans le tome 5 « Le Patois de Savièse » (2001). Le texte simplifié a été repris par le Régional de février 2010 (télécharger le pdf).

Le vieux mot camëntran est un synonyme de carnóvaoue, carnaval. Il signifie littéralement « carême entrant ». Le Père Christophe Favre (1875-1935), initiateur du Lexique du Parler de Savièse (1960), avait commencé à transcrire ses fiches (1 mot du dictionnaire = 1 fiche) sur de grandes feuilles en vue de la publication. Il venait de terminer les mots commençant par les lettres A et B quand la mort le stoppa au mot camëntran.

Rousa a ni, vouasa a ni, mojena [proposé le 12 février 2012 par Anne]

Remarque : dans le système phonétique saviésan, la consonne « s » n’est pas doublée entre deux voyelles pour rendre le son « s » (sourd, comme en français savoir, bisse); le son « z » n’est rendu que par la lettre z (ex. cazaca en patois = casaque en français).

Rousa a ni, c’est avancer péniblement en marchant dans la neige.

Vouasa a ni, c’est patauger dans la neige (par analogie au travail des vouasoo (« vouasseurs ») dans l’eau du bisse lors de sa remise en état.); ce verbe, comme le suivant, suggère un amusement en parlant de la neige.

Mojena, c’est passer quelqu’un dans la neige, lui frotter le visage avec de la neige.

Vouéipa é vouepi, mótsété é bouachéoué [proposé le 22 janvier 2012 par Anne]

Ne pas confondre vouéipa, guêpe, nom patois fém. sing., au pluriel vouéipé, avec mótséta, abeille, nom patois fém. sing., au pluriel mótsété, qui désigne aussi allumette. Ne pas confondre vouépi (ni dé vouéipé), guêpier (nid de guêpes), nom patois masc. sing. et pluriel, avec bouachéoué, ruche, nom patois masc. sing. et pluriel. L’essaim se dit echën.

Placa pó ou‘éivoue = cochelou [proposé le 9 janvier 2012 par Anne]

L’eau du bisse arrive sur les prés par des canaux secondaires moins spectaculaires que le canal principal à l’amont. Sur les propriétés à arroser, l’eau est déviée au moyen d’une plaque en tôle, en fer, mais aussi en bois, souvent munie d’un manche. Autrefois, l’utilisation de dalles en pierre, d’ardoise, ouésé, ou de mottes de terre était aussi courante. De nombreuses fois, j’ai été interpellée sur le nom de cette plaque qu’on enfonce dans une rigole. L’enquête auprès des patoisants a révélé un vocabulaire intéressant.

L’appellation la plus simple est ona placa, une plaque, ona placa pó ou‘éivoue, une plaque pour l’eau, ona placa dè Tsanchèkye, une plaque de Champsec. Cette dernière expression s’explique par l’utilisation de l’objet spécialement dans les propriétés saviésannes de la région de Champsec (actuel hôpital de Sion). Des rigoles ou cochi sont creusées sur la propriété à arroser de façon à répartir l’eau, opération nommée cochele, d’où le nom dérivé de la plaque, oun cochelou. Ce mot est apparenté au français coche, encoche. Cette plaque servant à étancher une voie d’eau en déviant l’eau dans une autre voie, le patoisant utilise aussi le mot dérivé ou‘étantse, « l’étanche ».

Deux mots sont encore cités, mais, à Savièse, ils ont d’abord une autre signification. On’éclóoucha, une écluse, est un obstacle à l’écoulement de l’eau, construit sur un canal. Oun tornyou est l’endroit, où l’eau est détournée. Le Tornyou de Maé est un point de partage des eaux du Torrent-Neuf.

(Journal de Savièse, n° 329, septembre 2010, A. Bretz-Héritier)

Les points cardinaux [proposé le 4 janvier 2012 par Anne]

Au nord : dou nôo; au sud : dou myédzó (au midi); à l’est : dou ouêin (du levant); à l’ouest : dou mochin (au soleil couchant)

Ne confondons pas i ouinga et i ouinvoua ! [proposé le 20 décembre 2011 par Anne]

Le français ne connaît qu’un seul mot pour désigner la langue parlée et la partie du corps. Le patois fait la distinction avec les noms féminins ouinga et ouinvoua (l’accent tonique sur la syllabe in).

Le Père Zacharie Balet écrivait : « N’oun pou kita a têra kyé nó j-a bala ó dzò : a ouinga da mare, chin di che vouarda tòrdzó. » Traduction littérale : « On peut quitter la terre qui nous a donné le jour : la langue de la mère [maternelle], cela doit se garder toujours. »

Devinette saviésanne : « Ona tsóouja kyé l’é tòrdzó a chóta é tòrdzó móououa ? – i ouinvoua – Une chose qui est toujours à l’abri et toujours mouillée ? – la langue. » On entend aussi le synonyme i pyanououa, la langue, par analogie de mouvement avec la pédale, i pyane.

Les expressions françaises tirer la langue à quelqu’un, être une mauvaise langue, ont leur équivalent patois : mótra a ouinvoua, étré ona crouee ouinvoua. Mena a ouinvoua, c’est parler beaucoup.

Au sens figuré, on peut posséder ona ouinvoua dé tsan, dé pra, c’est-à-dire une propriété étroite de champ, de pré.

Sauvons Tsaouindre ! [proposé le 18 novembre 2011 par Anne]

Actuellement, les patoisants utilisent le français Nóèle pour Noël. Les anciens disaient Tsaouindre (var. Tsaouinde). Hermann Bridy suggère que ce mot dérive du Père Chalande qui visitait les enfants à Noël. A Savièse, c’est le Pópoun Jézó, l’Enfant Jésus, qui déposait les cadeaux sous le sapin de Noël.

Le régent Bridy raconte cómin oun pachaé Tsaouindre ën meoué nou sin é trinta, comment on fêtait Noël en 1930 (voir « Le Patois de Savièse », tome 5, 2001, pp. 74-77, CD plage 17).